Devenir formateur : pourquoi la fibre pédagogique fait toute la différence

By 3 février 2026Blog

Devenir formateur : pourquoi la fibre pédagogique fait toute la différence

Devenir formateur est souvent perçu comme une suite logique de parcours. Une expertise métier solide, une expérience de terrain reconnue, une légitimité technique acquise avec le temps : il suffirait alors de transmettre ce que l’on sait. Dans la pratique, cette équation est rarement aussi simple.

À travers plusieurs épisodes du podcast Super hirro, et notamment lors de l’échange avec Ismaël Samate, un constat s’impose : on ne devient pas formateur uniquement parce que l’on maîtrise un sujet, mais parce que l’on sait le rendre accessible, compréhensible et mobilisable par d’autres.

C’est précisément là qu’intervient une notion centrale, souvent évoquée mais encore trop peu formalisée : la fibre pédagogique.

La fibre pédagogique : une posture avant tout

La fibre pédagogique ne se résume ni à une aisance à l’oral, ni à une posture bienveillante. Elle renvoie à une compétence plus profonde : la capacité à se décentrer de son propre savoir pour adopter le point de vue de l’apprenant.

Avoir la fibre pédagogique, c’est accepter que ce qui paraît évident pour soi ne l’est pas nécessairement pour les autres. C’est savoir écouter, reformuler, ajuster son rythme, illustrer ses propos, et vérifier en permanence la compréhension.

Contrairement à certaines idées reçues, cette fibre n’est pas innée. Elle se construit, s’affine et se développe dans le temps, au contact des publics et des situations pédagogiques.

Pourquoi l’expertise métier ne suffit plus pour devenir formateur

Dans de nombreux organismes de formation et établissements d’enseignement, le recrutement des intervenants repose encore majoritairement sur l’expérience professionnelle. Cette approche est légitime : former, c’est aussi transmettre la réalité du terrain. Mais l’expertise seule ne garantit pas la qualité pédagogique. Un expert qui ne questionne pas la réception de son message, qui ne sait pas adapter son discours ou qui reste centré sur sa propre maîtrise du sujet peut rapidement mettre les apprenants en difficulté. Non pas par manque de compétence, mais par décalage pédagogique. Aujourd’hui, les publics sont hétérogènes : parcours variés, niveaux inégaux, attentes multiples. Former implique donc de composer avec cette diversité, et non de dérouler un contenu standardisé.

Devenir formateur : un processus, pas un statut

Un autre enseignement clé ressort des échanges du podcast : le titre ou le diplôme de formateur n’est qu’un point de départ. Devenir formateur est un processus progressif, fait d’expérimentations, d’ajustements et de remises en question.

Un formateur engagé s’interroge régulièrement sur sa pratique :

  • Le message a-t-il été compris ?
  • Était-il adapté à ce public précis ?
  • Ai-je laissé de la place aux questions, aux échanges, aux résistances ?

Cette capacité d’auto-analyse est au cœur du développement de la fibre pédagogique.

Apprendre à former… en formant

La fibre pédagogique se développe rarement seul. Elle s’affine au contact des apprenants, mais aussi au sein des collectifs pédagogiques. Les échanges entre pairs jouent un rôle déterminant : partager ses pratiques, verbaliser ses difficultés, confronter ses méthodes permet de prendre du recul et de progresser. Or, dans le secteur de la formation, ces temps sont souvent limités. Les formateurs interviennent sur des missions ponctuelles, dans plusieurs structures, sans toujours appartenir à une équipe pédagogique stable. Cela suppose une posture proactive : aller vers les autres, oser l’échange, accepter la remise en question. C’est à ce prix que la posture pédagogique se consolide.

La fibre pédagogique et la formation des formateurs, un enjeu structurant pour les organismes de formation

Chez Hirro, nous observons que la qualité pédagogique ne repose pas uniquement sur les individus. Elle dépend aussi de l’environnement dans lequel les formateurs évoluent. Un onboarding clair, un cadre pédagogique partagé, des temps d’échange structurés entre intervenants contribuent directement au développement de la fibre pédagogique. À l’inverse, laisser les formateurs seuls face aux groupes, sans accompagnement ni reconnaissance, fragilise leur posture et limite l’impact des formations. Former, ce n’est pas seulement transmettre un contenu. C’est incarner une vision, une exigence et une culture pédagogique.

Conclusion : la passion peut naître, mais elle se cultive

La fibre pédagogique n’est ni un don réservé à quelques-uns, ni une compétence figée. Elle se construit dans la durée, par la pratique, la réflexion et l’échange. Devenir formateur, c’est accepter d’apprendre en permanence — sur les autres, sur ses publics, et sur soi-même.

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